Les épaves de la Grande Guerre

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UGS : 9782741705284 Catégories : ,

Description

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Jean-Pierre Joncheray est un vieil habitué des éditions GAP.
Nous lui devons la longue série des épaves :
– 50 épaves en Corse, édité en 2002, puis, en suite régulière :
– 90 épaves à Marseille et dans sa région,
– 100 épaves en Côte d’Azur, de La Ciotat à Saint-Tropez,
– 100 épaves en Côte d’Azur, Monaco, Riviera du Ponant,
à laquelle il a déjà rajouté L’aventure du sous-marin Alose, ce submersible qu’il a découvert en 1975, et maintenant classé Monument Historique.
En même temps, couronnement de sa longue carrière d’archéologue sous-marin, Jean-Pierre « inventait » en quelque sorte ce qu’il convient de nommer l’archéologie de la vapeur, une application innovante des méthodes de l’archéologie sous-marine aux épaves contemporaines, des navires à vapeur aux avions. Car, avant lui et ses premiers « naufrages en Provence », qui datent du début des années 1980, n’étaient nobles, et considérées, que les études de gisements antiques, étrusques, grecs ou romains.

Dans la foulée, notre auteur préféré s’est attaqué à un sujet qui, il faut l’admettre, est d’actualité : la guerre de 1914-1918, autrement dite « Grande Guerre ». À vrai dire, Jean-Pierre n’avait pas attendu cette commémoration pour amasser, année après année, depuis plus de quarante ans, une importante documentation sur les aspects maritimes et méditerranéens du conflit. Il avait visité toutes les épaves se rattachant à cette période, s’entourant des meilleurs photographes sousmarins,et consulté les plus éminents spécialistes du sujet.
L’appel aux plongeurs « tek », ces nouveaux explorateurs des grandes profondeurs, fut souvent nécessaire. Avec François Brun et Claude Roquelaure, les coauteurs, l’exhaustivité s’est réalisée jusqu’aux frontières de notre façade méditerranéenne.

Le résultat est là : dix-sept bâtiments perdus, plus de dix épaves visitées au sein des eaux, leur histoire avant le funeste jour de leur naufrage, les circonstances de leur perte, et la description de leurs vestiges, quand ceux-ci étaient accessibles.
La qualité de cet ouvrage semble établie si l’on en savoure la préface, sous la signature prestigieuse du Directeur du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines, Michel L’Hour.

Informations complémentaires

Poids 0.71 kg
Dimensions 16.5 x 1.2 x 24.2 cm
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Sommaire

Remerciements
Préface de Michel L’Hour
Chronologie de la Grande Guerre
Généralités, dates, lieux, statistiques concernant les épaves traitées dans cet ouvrage
Quelques autres naufrages

Les épaves
1. L’Estérel au large de Port-Vendres (par François Brun)
2. Le Ganekogorta-Mendi au large de Port-Vendres (par François Brun)
3. Le Seward au large de Port-Vendres (par François Brun)
4. Le Shigizan Maru au large de Port-la-Nouvelle (par Claude Roquelaure)
5. Le Lagoubran en rade de Marseille
6. Le Natal au large de Marseille
7. La Drôme en rade de Marseille
8. Le Ker-Bihan en rade de Marseille
9. Le Miquelon en rade de Marseille
10. Le Phoebus au large de Toulon
11. Le Prinz Eugen au large de Toulon
12. Le Togo en rade de Cavalaire
13. Le Pax au large de Saint-Tropez
14. L’Alose au large de Saint-Raphaël, exposé au siège de la Comex à Marseille
15. Le Balkan au large de Calvi (?)
16. Le Cassini dans les Bouches de Bonifacio
17. Le Rosario Macinaggio

Bibliographie

Préface

Il y a juste cent ans, le 28 juin 1914, deux coups de feu tirés dans les rues de Sarajevo par un nationaliste serbe de vingt ans, Gavrilo Princip, allaient entraîner le monde dans une guerre sans merci, jeter 70 millions d’hommes sur les champs de bataille, provoquer la mort de 19 millions d’entre eux et peupler les hôpitaux de 21 millions de soldats et civils. De cette folie, les historiens se sont préoccupés depuis un siècle de décrire la généalogie, raconter les péripéties, énumérer les faits d’armes et narrer les atrocités. Tout cependant n’a pas été dit, loin s’en faut !

Si la vie des tranchées ou les prémices de la guerre aérienne sont ainsi bien documentées, si les grands champs de bataille se sont imposés comme des lieux de mémoire, si les taxis de la Marne côtoient désormais dans la conscience collective le Chemin des Dames ou les exploits de Georges Guynemer, on observe en revanche que les vestiges sous-marins, legs de ce conflit, ont été pour l’essentiel délaissés et peu ou prou abandonnés au courroux de la mer ou à la rapacité de plongeurs tristement affairés à constituer des collections de « militaria ».

L’histoire officielle semble de fait avoir quelque peu négligé la guerre navale qui vit, pendant plus de quatre ans, s’affronter sur les sept mers des belligérants venus de tous les horizons. Les campagnes du Jutland ou la première guerre de l’Atlantique ne sont elles-mêmes habituellement évoquées qu’en termes très généraux de stratégie navale, d’évolution des technologies ou de puissance de feu. Les hommes qui en furent les victimes ne sont en revanche qu’épisodiquement considérés et nul d’entre eux ne s’émancipe jamais de l’anonymat des statistiques alors que le hasard réitéré des découvertes permet de rendre régulièrement compte du courage de ceux dont la terre du Nord ou des Ardennes a longtemps préservé le secret de la sépulture. Souvenons-nous !
Il en fut encore ainsi le 4 avril 2013 à l’occasion de l’inhumation, dans la nécropole militaire du Pont-du-Marson, des corps de deux poilus français retrouvés en février 2012 sur le site de « la main de Massiges », dans la Marne.

Et pourtant! De très nombreuses épaves de la première guerre mondiale reposent sous les flots et notamment dans les eaux sous juridiction française. Témoins silencieux et tragiques de l’un des plus grands conflits de l’histoire des civilisations, ces vestiges ont un passé qu’il est injuste de mésestimer car leur disparition fut bien souvent marquée d’actes de courage, de sacrifice et pour tout dire d’un héroïsme quotidien qu’il importerait, bien au contraire, de conserver pieusement et d’honorer scrupuleusement la mémoire.

Prospecter quelques-unes de ces épaves, relater leur potentiel d’information, étudier les circonstances de leur perte, rendre compte d’une vie à bord brutalement figée est sans doute aujourd’hui le moyen de combler un peu le vide qui s’est depuis un siècle sournoisement installé entre ce monde immergé et celui des vivants. Quoique noyés dans le monde du silence, les hommes disparus en mer, passagers et marins, civils et militaires, ne peuvent en effet demeurer les exclus de l’histoire. Il convient pour ces oubliés de faire pièce à cette amnésie !

La mission, chacun la conçoit et en voit l’importance mais peu s’en sont saisi. Quelques-uns toutefois en ont fait l’objectif d’une vie. Jean-Pierre Joncheray est de ceux-là. Dans les années 1980, il fut l’un des premiers à se mobiliser pour raconter l’histoire de ces épaves d’époque contemporaine auxquelles seule une poignée d’entre nous accordait alors de l’intérêt. Faisant surgir de l’onde les sorts du Diadem ou de l’Achillis, du Phoebus ou de la Drôme, du Ker Bihan ou de l’Artésien, ses « Naufrages en Provence » furent en Méditerranée les premiers ouvrages à sensibiliser le public à ce patrimoine immergé de notre humanité.

Dotées d’une riche illustration, les pages qui suivent sont entièrement dédiées à ces vies maritimes que la guerre a brisées. Épaulé par François Brun et Claude Roquelaure, Jean-Pierre Joncheray nous invite ici à bien plus qu’une simple itinérance dans le monde des épaves et des belles plongées. Alors que partout l’on s’apprête à commémorer les heures tragiques de la « Grande Guerre », c’est à une escale dans la mémoire que nous sommes en vérité conviés. Cette mémoire est le port où vit notre passé. On prendra donc volontiers le temps de s’y arrêter !

Michel L’Hour
Conservateur général du Patrimoine
Directeur du Département des Recherches
Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines
Membre de l’Académie de marine

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